Anthony Phillips
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Anticipations

Cette page répertorie les participations d’Ant aux albums d’autres musiciens, Genesis ou non. Il n’y en a pas beaucoup, mais elles sont souvent précieuses...

 Genesis - From Genesis to Revelation (1969)

Il existe un album plus décrié encore que tous les agissements machiavéliques de Phil Collins au sein du groupe après le départ de Peter Gabriel (ce n’est bien sûr pas ainsi que je pense, ce sont les dires des fans vieux de la veille ou jeunes inconscients que je caricature). From Genesis to Revelation est pourtant l’un de ces albums qu’on écoute une fois puis qu’on jette, surtout en considération d’un producteur antipathique qui n’aura décidément fait de bien au groupe qu’en lui trouvant son nom. Il reste cependant, quand on l’écoute bien, un album plutôt convaincant, avec de très belles mélodies ("Silent Sun", "In the Wilderness", "Window") et un peu plus d’audace très bienvenue ("The Serpent", "In the Beginning"). Il prouve encore (si besoin était) que Genesis faisait de la pop bien avant le soi-disant "virage" que l’on dénigre trop souvent.

Difficile de discerner vraiment le travail d’Ant dans cette production d’époque, vu que Mike Rutherford jouait aussi de la guitare acoustique, mais on peut l’entendre planter ça et là quelques riffs et autres interventions qui font plaisir. L’un des plus beaux soli de cette époque est cependant sur "That’s me", qui ne fait pas partie de l’album (mais est proposé en bonus selon l’édition).

 Genesis - Trespass (1970)

La maturité à laquelle les membres du groupe sont arrivés en seulement un an est considérable, et il est clair que ce séjour de six mois dans le cottage des parents de Richard MacPhail n’y est pas étrangère. Genesis accouche selon moi de l’un de ses meilleurs albums, d’une magie, nébulosité sans faille. Ces ambiances froides, médiévales, présentes aussi bien dans ces parties éthérées que ces choeurs angéliques sont fabuleuses. "The Knife" rompt avec tout ça, mais il n’est pas le premier grand classique du groupe pour rien, et Ant n’y est pas étranger.

En dehors de son solo mythique sur ce morceau, Ant s’est donné à fond pour cet album, niveau compositions et autres idées. On peut ainsi dire qu’il était le membre le plus influent à cette époque, Peter Gabriel rajoutera "le plus doué". Il a composé "White Mountain" et "Visions of Angels" (parait-il en "hommage" à Jill, la femme de Peter, pour cette dernière), et "Dusk" représente toute la force de ce que les chansons acoustiques avec Mike pouvaient donner à l’époque. Cet album est ainsi grandiose et précieux.

 Intergalactic Touring Band - Intergalactic Touring Band (1977)

A venir.

 Mike Rutherford - Smallcreep's Day (1980)

En 1979, Mike Rutherford met tout comme Tony Banks, Genesis en pause. Il en profite pour publier le premier de ses deux seuls albums solos, et selon Ant, parce qu’il ne connaissait pas de claviériste hors Tony, il a logiquement choisi son ami de toujours. Ant ne touche ici pas une seule guitare, en revanche il s’occupe de la globalité des touches noires et blanches. Et son travail est en tout points magnifique, du doux piano de "Time and Time Again" à toutes ces nappes voluptueuses et majestueuses qui parsèment le disque.

Smallcreep’s Day est à l’image du premier album solo de Tony Banks (en moins étoffé toutefois), un album de pop-rock progressif hautement recommandable, facile à se procurer. Même si Mike le renie un peu aujourd’hui (il n’a rencontré aucun succès et n’a jamais été joué live), ses chansons sont inoubliables, du nerveux "Moonshine" à l’audacieux "Romani", du slow "Time and Time Again" à la ballade folk "Every Road", sans oublier bien sûr la géniale "Smallcreep’s Day Suite" étalée sur près d’une demi-heure.

 Camel - The Single Factor (1982)

Camel reste l’un des groupes de rock progressif les plus injustement sous-estimés. En 1982, le groupe original n’est plus que l’ombre de lui-même, à part le guitariste Andy Latimer, tous sont partis, et le Camel de The Single Factor doit son existence à l’affluence de musiciens de studio, dont Ant. Latimer était tout comme Ant chez Arista ou Street Tunes sous la pression de sa maison de disques, qui le poussait à publier des tubes, d’où le titre de l’album. N’en reste pas moins un très bel album de pop plus ou moins sophistiquée, avec de nombreux tubes potentiels comme "Heroes", "You Are the One", "Today’s Goodbye" ou même l’instrumental "Sasquatch". On note aussi de nombreux invités de marque (Ant, Peter Bardens, Simon Phillips, Francis Monkman...)

Ant joue sur "Heroes", "Selva", "Sasquatch", "Manic" et "End Peace". Son rôle est important car il jongle entre divers instruments selon les chansons : piano, synthés, guitares acoustiques et même marimba ! Il a co-écrit le très beau "End Peace" avec Andy Latimer, mais parait-il que ce n’est que l’unique rescapé d’une série d’une vingtaine de pièces qu’ils auraient écrit ensemble. Autant dire qu’on espère connaître les autres un jour...

 Iva Twydell - Duel (1982)

Iva Twydell était le batteur d’After The Fire, un groupe fondé par Peter Banks (à ne pas confondre avec le premier guitariste de Yes) et qui du rock progressif avait évolué vers la new-wave. C’est plutôt vers ce dernier genre que lorgne ce Duel méconnu, deuxième album d’Iva paru sur un petit label indépendant qui a fermé depuis longtemps, ce qui explique pourquoi on ne trouve plus ce disque aujourd’hui.

Tant mieux pour vous qui avez détesté Invisible Men remarque. Le fait est que même sorti un an avant, ce Duel comporte les mêmes symptômes et tics, ceux d’une pop très synthétique et se voulant tubesque (c’est le cas la plupart du temps), à la réalisation facilement discutable, sans oublier le symptôme du musicien non-chanteur à la voix loin d’être exceptionnelle. Curieusement, Ant s’en sort mieux que Iva sur son disque à tous les niveaux, mais Duel reste sympathique, bien qu’il soit très difficile de relever le travail d’Ant (qui n’est pas le seul guitariste et claviériste ici). Notons aussi la participation de Richard Scott, collaborateur d’Ant à l’époque. Et quelques chansons gentillettes et sans prétention comme "Abdication Day", "Teaching me the Hard Way" ou "Decline and Fall".

 Mike Oldfield - Crises (1983)

Ceci est un fake. Ou l’occasion pour moi de pousser un petit coup de gueule... Pendant longtemps, ce coquin de Mike (que j’adore) m’a fait croire par le biais des crédits de ce disque que Ant y avait participé, son super morceau "Crises" et l’excellent tube planétaire "Moonlight Shadow", ce dont j’étais assez fier (pour lui).

C’est bien entendu faux, mais heureusement qu’Internet est là... Il n’y a pas cent mille guitaristes de rock progressif qui s’appellent Anthony Phillips, à plus forte raison si on les surnomme "Ant" dans le livret. Pourtant, le Ant de Genesis a bien un homonyme, ancien guitariste de 10CC entre autres. C’est la dure et triste vérité... Merci bien Mike !

 Asher Quinn - Open Secret (1987)

Denis Quinn, alias Asha, alias Asher Quinn, est un musicien dont l’oeuvre mêle la beauté de la musique avec une certaine forme de spiritualité. Inspiré par l’enseignement Soufi et le courant new-age, ses disques sonnent ainsi très mystiques et profond, même si Open Secret garde encore une empreinte "troubadour perdu dans les eighties". Cet album est superbe, tout simplement. Les pièces sont plus ou moins courtes, toutes instrumentales et combinent des claviers splendides avec des instruments à vent (flûte, le hautbois de Tony Freer, ex-The Enid) et à cordes (violoncelle, la guitare acoustique de Ant, l’électrique de Andy Latimer).
Ce disque tiré à l’origine en un nombre limité d’exemplaires a été réédité il y a deux trois ans, et demeure indispensable pour tout amateur de jolie musique instrumentale. La participation d’Ant n’est pas sous-jacente, il contribue beaucoup aux claviers et guitares, même si encore une fois on reconnaitra en priorité les acoustiques.

  Asher Quinn - Mystic Heart (1989)

Ce troisième disque de Denis s’enfonce un peu plus dans la spiritualité, et l’ensemble est moins étoffé. N’en demeurent pas moins de belles pièces très denses comme le long "Missa Greca" et toujours belles (également "The Langing", "Canzone Angelica"...) La douce voix de Sharon Sage participe un peu plus pour ce disque, ce qui reste un élément tout à fait relevable.

Ant a délaissé les claviers ici (c’est l’oeuvre de Denis) pour la programmation de la boîte à rythmes, et bien sûr toujours les guitares acoustiques. Ca tombe bien car si elles se font discrètes sur les pièces les plus new-age comme "Missa Greca" et "In Search of the Miraculous" (elles et la guitare électrique jouent sensiblement la même chose), on a droit à quelques sucreries folk comme "Allah, Hallelujah, Elohim", fort appréciables.

 Asher Quinn - Amadora (1991)

A venir.

 David Thomas & Ronnie Gunn - The Giants Dance (1996)

David Thomas (guitariste, chanteur, claviériste...) et Ronnie Gunn (claviériste, chanteur) étaient membres au sein de The Spoken Word, un groupe du collège de Charterhouse qui a préfiguré Genesis. Ce sont donc des amis de longue date, qui ont participé à des chansons de Ant, mais n’ont jamais eu l’opportunité de publier un disque avant cette compilation de 1996 publiée chez Voiceprint. S’inspirant tout comme Ant du folk british et de la pop, leurs compositions (enregistrées du début à la fin des années 70) sont aussi réalisées dans une certaine forme d’intimité, avec toujours des mélodies splendides. David Thomas, beaucoup plus mis en avant, à en outre enregistré tout comme Ant des pièces de synthétiseurs magnifiques, ne serait-ce que l’excellent morceau qui donne son titre à la compilation.

Ant joue encore d’une petite quantité d’instruments sur ce disque, mais cette intimité fait que l’on peut savourer pleinement son travail, sur les chansons 7 à 11, "Go Get the Girl" et "Fate is a Dancer". On rencontre aussi la présence du jeune Martin Robertson qui fait ses premiers pas et deviendra l’un des musiciens d’Ant les plus importants. N’oublions pas de noter l’emploi de l’une des premières formes de boîte à rythmes, appelée simplement "Hugh" et qui sonne très très vétuste aujourd’hui.

 Mother Gong - Battle of the Birds (2004)

Harry Williamson a joué pendant longtemps avec Mother Gong, un projet de la nébuleuse Gong. C’est la raison pour laquelle il y a filiation entre Ant et ce disque (réédition d’un vinyle de la fin des années 70), qui ne fait donc pas partie de sa discographie. Il s’agit d’un conte ("a celtic tale" même) musical narré par Gilli Smyth et qui voit la participation des autres membres de Mother Gong, comme Harry donc, le bassiste Hugh Hopper, le batteur Guy Evans (de Van Der Graaf Generator) et Didier Malherbe. Ces deux derniers ont aussi participé au Tarka de Ant et Harry.

Si ce disque a été souvent rattaché par erreur à l’oeuvre de Ant, c’est parce qu’il réemploie bien une musique que celui-ci a en partie composée. En fait, ce sont des fragments de la "Gypsy Suite" qui au milieu de deux ou trois autres morceaux originaux, sont passés en boucle pendant que les narrateurs ne parlent. Assez anecdotique si l’on ne comprend pas l’anglais, et même musicalement ce n’est pas franchement excellent. Il y a toujours un certain décalage entre ces arpèges folk délicats et les saxophones jazzy de Didier Malherbe. Bref, pas vraiment recommandable...

 ProgAID - All Around the World (2004)

A venir.

 Steve Hackett - Out of the Tunnel's Mouth (2009)

Steve Hackett, le second guitariste historique de Genesis n’en est pas à son premier disque solo, mais il arrive toujours à surprendre, à émouvoir... Comme Ant, mais dans un monde nettement plus rock prog. Out of the Tunnel’s Mouth est tout comme ses prédécesseurs exemplaire et possède son climat bien à lui. Du très rentre-dedans "Tubehead" au jazzy "Ghost in the Glass", du bluesy "Still Waters" au puissant "Fire on the Moon", de l’hispanisant "Nomads" au très world "Last Train to Istanbul", il n’y a qu’un pas.

Steve a réalisé le rêve de nombreux fans de Genesis (y compris moi) qui espéraient un jour le voir collaborer avec Ant. Ce dernier vient jouer quelques arpèges de guitare 12 cordes sur les magnifiques "Emerald and Ash" et "Sleepers", et ce n’est pas une participation minime. On note de nombreux autres musiciens de marque sur ce disque, comme Chris Squire de Yes, Nick Beggs le nouveau bassiste de Steve, ou encore Amanda Lehmann, la soeur de sa compagne qui fait ici juste des choeurs.

 Morceaux égarés sur des compilations

A venir.

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